L’ascenseur représente bien plus qu’un simple équipement de confort dans l’univers de l’immobilier résidentiel. Il constitue un véritable facteur de valorisation qui influence directement le prix de vente, la rapidité de transaction et l’attractivité d’un bien. Entre réglementation stricte, attentes des acquéreurs et réalités du marché, la présence ou l’absence de cet équipement transforme radicalement la perception d’un logement. Les données récentes des professionnels du secteur révèlent des écarts de valorisation pouvant atteindre jusqu’à 25% selon les configurations et les localisations. Cette différence substantielle mérite une analyse approfondie pour comprendre les mécanismes qui régissent ce phénomène et optimiser vos décisions d’achat ou de vente.
Analyse comparative des prix au m² selon la présence d’un ascenseur
La présence d’un ascenseur modifie profondément la structure tarifaire d’un immeuble. Les études notariales démontrent que cette installation crée une hiérarchie verticale des prix particulièrement marquée. Dans un immeuble parisien de six étages équipé d’un ascenseur, l’écart moyen entre un rez-de-chaussée et un dernier étage atteint régulièrement 16 à 19%, avec des prix passant de 10 000 €/m² à 12 000 €/m². Cette progression tarifaire reflète l’amélioration progressive des conditions de vie : luminosité accrue, réduction des nuisances sonores, qualité de l’air supérieure et vues dégagées.
Écart de valorisation immobilière dans les immeubles parisiens haussmanniens
Les immeubles haussmanniens illustrent parfaitement l’impact différencié de l’ascenseur sur la valeur patrimoniale. Dans ces bâtiments historiques du 6ème arrondissement, un appartement avec ascenseur se négocie en moyenne à 14 500 €/m² sans parking, contre 13 200 €/m² pour un bien équivalent disposant d’un stationnement. Ce paradoxe s’explique par la localisation privilégiée des immeubles anciens dépourvus de parking, situés au cœur des quartiers les plus recherchés. L’architecture traditionnelle de ces bâtiments, souvent classés ou protégés, limite les possibilités d’installation d’équipements modernes, créant ainsi une tension entre authenticité patrimoniale et confort contemporain.
La typologie des biens influence également cette valorisation. Les appartements familiaux de quatre pièces et plus bénéficient d’une prime ascenseur supérieure aux studios ou deux pièces, car l’équipement devient indispensable pour les familles avec jeunes enfants ou pour transporter des objets volumineux. Cette différenciation atteint son paroxysme dans les quartiers centraux comme le Marais, où l’absence d’ascenseur peut entraîner une décote de 12 à 15% pour les appartements familiaux situés au-delà du troisième étage.
Impact différencié selon les étages : rez-de-chaussée versus dernier niveau
Le positionnement vertical d’un appartement détermine sa valeur de manière quasi-mécanique. Les rez-de-chaussée subissent une décote systématique de 15 à 25% dans les immeubles équipés d’ascenseur, en raison des nuisances sonores, du manque de luminosité et des préoccupations sécuritaires. À l’inverse, les derniers étages captent une prime de vue et de tranquillité pouvant atteindre 20% supplément
de prix, notamment lorsqu’ils s’accompagnent d’une terrasse, d’un balcon ou d’une vue emblématique. Dans les faits, plus on monte, plus le différentiel de prix au m² s’accentue tant que l’effort physique est neutralisé par l’ascenseur. À l’inverse, dans les immeubles sans ascenseur, on observe une courbe en cloche : le 2ᵉ ou 3ᵉ étage concentre souvent la demande, tandis que les tous derniers niveaux subissent une décote liée à la pénibilité des escaliers, malgré une luminosité souvent meilleure.
Les données de MeilleursAgents confirment cette mécanique : dans un immeuble parisien avec ascenseur, la différence de prix entre un rez-de-chaussée et un dernier étage atteint en moyenne 19%. Sans ascenseur, l’écart retombe autour de 10 à 12%, et le 4ᵉ étage devient le niveau le plus cher, devant un 6ᵉ étage jugé trop contraignant à l’usage. Pour un investisseur, cela signifie qu’un même étage ne se valorise pas de la même façon selon la présence ou non d’un ascenseur, et qu’un 4ᵉ sans ascenseur, bien négocié, peut offrir un excellent couple rendement/prix d’achat.
Données chiffrées des notaires de france sur la plus-value ascenseur
Les bases de données des Notaires de France permettent de quantifier l’impact concret de l’ascenseur sur le prix au m². Dans les grandes métropoles, la présence d’un ascenseur génère en moyenne une majoration de 8 à 15% sur le prix des appartements situés au-delà du 3ᵉ étage. À Paris, les biens avec ascenseur se vendent autour de 9 600 €/m² contre 8 900 €/m² sans ascenseur, soit une prime d’environ 8,3%. À Nice, cette plus-value grimpe à près de 20%, et à Nantes à plus de 15%, preuve que dans certaines villes, l’ascenseur devient presque aussi décisif que la localisation.
En province, les notaires observent un schéma similaire mais avec des amplitudes plus modérées. Dans les immeubles de 4 étages avec ascenseur, le 4ᵉ affiche souvent un prix supérieur de 4 à 6% au 2ᵉ, alors que le rez-de-chaussée présente une décote avoisinant 10%. Sans ascenseur, la décote sur les étages élevés s’accentue : un 4ᵉ étage peut se vendre 10 à 15% moins cher que le 2ᵉ, surtout lorsqu’il s’agit d’appartements familiaux. Vous envisagez d’acheter au 4ᵉ sans ascenseur pour louer ? Ces chiffres invitent à intégrer dès le départ une décote à la revente, mais aussi un loyer plus compétitif pour limiter la vacance locative.
Coefficient de pondération appliqué par les experts immobiliers FNAIM
Sur le terrain, les agents et experts FNAIM utilisent des grilles de pondération pour affiner leurs estimations en fonction de l’étage et de la présence d’un ascenseur. Le principe est simple : à partir d’une valeur de référence (souvent le 2ᵉ ou 3ᵉ étage), chaque niveau se voit appliquer un coefficient de majoration ou de minoration. Dans un immeuble avec ascenseur, un dernier étage pourra être pondéré à 1,05 ou 1,10, tandis qu’un rez-de-chaussée descendra à 0,80 voire 0,85. Sans ascenseur, un 5ᵉ ou 6ᵉ étage peut être ramené à un coefficient de 0,80, malgré une surface identique.
Concrètement, cela signifie que deux appartements strictement similaires sur le papier (surface, plan, exposition) peuvent voir leur valeur diverger de 20 à 25% uniquement en raison de l’étage et de l’ascenseur. Certains experts vont même plus loin en combinant un coefficient étage et un coefficient usage : un appartement familial au 4ᵉ sans ascenseur sera par exemple plus sévèrement pondéré qu’un deux-pièces destiné à de jeunes actifs. Pour vous, vendeur ou investisseur, comprendre ces pondérations permet d’ajuster votre prix de mise en vente ou votre offre d’achat avec une stratégie réaliste, plutôt que de vous fier à un simple prix moyen au m².
Critères réglementaires et obligations légales en matière d’accessibilité PMR
Au-delà des aspects de valorisation, l’ascenseur est au cœur des politiques publiques d’accessibilité. La réglementation française s’est fortement durcie depuis le milieu des années 2000 pour améliorer l’accès des personnes à mobilité réduite (PMR) aux logements collectifs. Résultat : dans l’immobilier neuf, l’ascenseur n’est plus un luxe mais un standard juridique dès que certains seuils de hauteur ou de gabarit sont dépassés. Cette évolution a un impact direct sur le parc immobilier, la conception des immeubles et, in fine, sur la perception de valeur des biens accessibles par ascenseur.
Normes handicapés selon la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits
La loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances a posé les bases d’une accessibilité généralisée des bâtiments aux personnes en situation de handicap. Pour les immeubles d’habitation collectifs neufs, cela se traduit par des exigences précises : largeur minimale des portes, rampes d’accès, paliers de repos, giration des fauteuils roulants, signalétique adaptée et, bien sûr, ascenseur dès lors que plusieurs étages sont desservis. L’ascenseur doit permettre le passage d’un fauteuil et d’un accompagnant, avec une cabine adaptée et des commandes accessibles.
Dans les bâtiments existants, la loi a instauré une logique de mise en conformité progressive, notamment pour les parties communes. Toutefois, les contraintes techniques et financières limitent souvent l’installation d’un ascenseur dans les immeubles anciens. En pratique, de nombreux copropriétaires arbitrent entre confort, obligations légales et capacité de financement. Pour un investisseur, se positionner sur un immeuble déjà conforme aux normes handicapés limite le risque de travaux futurs coûteux, et garantit une meilleure attractivité auprès des seniors et des personnes à mobilité réduite.
Seuils d’application de l’obligation d’installation selon le nombre d’étages
Depuis le décret du 30 juin 2021, pris dans le cadre de la loi Elan, l’installation d’un ascenseur est obligatoire dans les immeubles collectifs neufs dès lors qu’ils comportent plus de deux étages au-dessus du rez-de-chaussée. Autrement dit, à partir du 3ᵉ étage, un immeuble neuf destiné à l’habitation doit être équipé d’un ascenseur permettant l’accessibilité PMR à tous les niveaux. Cette obligation marque un abaissement du seuil par rapport à l’ancienne réglementation, qui ne l’imposait qu’à partir de trois étages complets.
En pratique, cela signifie que la majorité des programmes neufs de trois niveaux et plus intègrent systématiquement un ascenseur, ce qui se reflète dans le prix de vente au m². Les rares programmes de petite hauteur sans ascenseur (R+1 ou R+2) se positionnent souvent sur un segment plus abordable, mais avec une cible de clientèle plus restreinte. Vous recherchez un investissement locatif dans le neuf avec une bonne liquidité à long terme ? Viser un immeuble respectant ces seuils d’accessibilité constitue un gage de pérennité réglementaire et commerciale.
Dérogations possibles en copropriété et conditions d’obtention
Dans l’ancien, l’installation d’un ascenseur repose sur une décision de l’assemblée générale de copropriété, prise à la majorité qualifiée (article 25 ou 26 de la loi de 1965 selon les cas). Des dérogations aux normes d’accessibilité complètes peuvent être accordées lorsque les contraintes techniques ou architecturales rendent les travaux « techniquement impossibles » ou disproportionnés au regard de la configuration de l’immeuble. C’est souvent le cas dans les immeubles très étroits, les cours intérieures exiguës ou les bâtiments classés où la création d’une gaine d’ascenseur altérerait le patrimoine.
Ces dérogations, examinées par les services d’urbanisme ou les commissions d’accessibilité, n’exonèrent pas totalement la copropriété de ses obligations, mais permettent d’en adapter la portée. Par exemple, l’ascenseur peut ne desservir qu’une partie des étages, ou être implanté en façade arrière lorsque l’intérieur ne le permet pas. Pour un acquéreur, il est pertinent de consulter les procès-verbaux d’assemblées générales : un projet d’ascenseur refusé pour raisons techniques ou financières peut expliquer une décote persistante, mais aussi offrir une marge de négociation supplémentaire à l’achat.
Contrôle technique périodique et certification SOCOTEC des installations
Les ascenseurs en copropriété sont soumis à un régime de contrôle strict destiné à garantir la sécurité des usagers. Depuis le décret du 9 septembre 2004, tout ascenseur doit faire l’objet d’un entretien régulier et d’un contrôle technique approfondi au moins tous les cinq ans, réalisé par un organisme agréé (SOCOTEC, Bureau Veritas, Apave, etc.). Ce contrôle porte sur les organes de sécurité, les systèmes de freinage, les dispositifs de verrouillage des portes, la précision d’arrêt et les dispositifs de secours.
À l’issue de chaque contrôle, un rapport détaillé est remis au syndicat de copropriété, assorti, le cas échéant, de prescriptions de travaux de modernisation obligatoires. Ces exigences réglementaires ont un double impact sur la valeur immobilière : elles rassurent les acheteurs sur la sécurité de l’installation, mais génèrent aussi des coûts ponctuels parfois élevés. En tant que futur copropriétaire, analyser les derniers rapports SOCOTEC ou équivalents permet d’anticiper d’éventuelles dépenses à venir, et de les intégrer dans votre stratégie de négociation du prix d’achat.
Coûts d’installation et de maintenance ascenseur en copropriété
L’ascenseur a un coût qui ne se limite pas à son installation. Comme une voiture haut de gamme, il doit être entretenu, contrôlé, modernisé régulièrement pour rester fiable et conforme aux normes. Pour une copropriété, ces dépenses représentent un poste budgétaire majeur, souvent entre 10 et 25% des charges globales. Bien les comprendre vous aide à évaluer la pertinence d’un projet d’installation ou à anticiper l’impact de ces coûts sur le rendement net de votre investissement locatif.
Budget moyen d’installation selon les technologies otis, schindler ou kone
Le coût d’installation d’un ascenseur varie fortement selon la technologie retenue (hydraulique, électrique à traction, sans local machinerie), la hauteur de l’immeuble, la configuration de la cage et la marque (Otis, Schindler, Kone, ThyssenKrupp…). En moyenne, il faut compter entre 60 000 et 120 000 € pour équiper un immeuble de 4 à 6 niveaux, soit un coût compris entre 15 000 et 25 000 € par niveau desservi. Dans les configurations complexes (gaine extérieure, percement de planchers, contraintes patrimoniales), la facture peut dépasser 150 000 €.
Pour une copropriété de 20 lots, cela représente un appel de fonds de 3 000 à 6 000 € par copropriétaire, modulé ensuite par les tantièmes de charges ascenseur. Cette dépense peut sembler lourde à court terme, mais elle s’accompagne souvent d’une revalorisation des appartements, en particulier pour les étages élevés. De nombreux syndics estiment qu’un projet d’ascenseur bien mené permet de récupérer, à moyen terme, une part significative de l’investissement grâce à la hausse du prix au m², en particulier dans les grandes villes où l’offre avec ascenseur reste limitée dans l’ancien.
Répartition des charges entre copropriétaires selon la loi elan
La répartition des charges d’ascenseur entre copropriétaires obéit au principe posé par l’article 10 de la loi du 10 juillet 1965 : elles sont dues par ceux qui bénéficient de l’équipement, en fonction de l’utilité objective qu’il présente pour chaque lot. Concrètement, plus un logement est situé haut dans l’immeuble, plus sa participation aux charges spéciales d’ascenseur est importante. Les occupants du rez-de-chaussée sont souvent exemptés, sauf si l’ascenseur dessert un sous-sol, un parking ou des caves auxquels ils ont accès.
La loi Elan est venue sécuriser certains montages en permettant d’adapter plus finement cette répartition lors de l’installation d’un ascenseur dans un immeuble ancien. Par exemple, il est possible de créer de nouveaux tantièmes ascenseur ou de moduler les quotes-parts en fonction de la superficie, de la vocation des lots (habitation, bureaux, cabinet médical) et du niveau d’étage. En tant qu’acquéreur, il est donc essentiel de consulter le règlement de copropriété et l’état descriptif de division pour comprendre votre future contribution aux charges, et ne pas sous-estimer ce poste dans le calcul de votre effort d’épargne.
Contrats d’entretien annuels et obligations de modernisation
Une fois l’ascenseur installé, la copropriété doit obligatoirement souscrire un contrat d’entretien auprès d’un prestataire spécialisé. Selon la fréquence des visites (mensuelle, bimestrielle), le type d’appareil et le niveau de service (dépannage 24/7, remplacement des pièces d’usure inclus), le coût annuel varie généralement entre 1 500 et 4 000 € par appareil. À cela s’ajoutent les contrôles réglementaires périodiques et les éventuelles réparations imprévues, qui peuvent représenter plusieurs milliers d’euros après une panne majeure.
Par ailleurs, la réglementation impose des travaux de modernisation progressive des ascenseurs pour intégrer les dernières normes de sécurité (systèmes de téléalarme, précision d’arrêt, verrouillage des portes palières, etc.). Ces mises à niveau, étalées sur plusieurs années, peuvent représenter un budget supplémentaire de 10 000 à 30 000 € par appareil. Pour un investisseur, ces charges réduisent mécaniquement la rentabilité nette, mais elles sont aussi un gage de sécurité et de sérénité pour les occupants, et contribuent à maintenir la valeur patrimoniale du bien sur le long terme.
Attractivité locative et taux de vacance selon l’équipement ascenseur
L’ascenseur n’influence pas seulement le prix de vente : il joue aussi un rôle déterminant dans la rapidité de location et la stabilité des locataires. Dans un marché locatif concurrentiel, disposer d’un ascenseur, surtout au-delà du 3ᵉ étage, peut faire la différence entre un bien qui se loue en quelques jours et un autre qui reste plusieurs semaines sur le marché. C’est un peu comme proposer un stationnement en périphérie : ce n’est pas toujours décisif, mais quand la voiture est indispensable, l’absence de place devient un vrai frein.
Délai moyen de location dans les quartiers du marais versus la défense
Les statistiques des principaux portails et administrateurs de biens montrent des écarts sensibles de délai de location selon la présence d’un ascenseur, notamment dans les secteurs historiques. Dans le Marais, où beaucoup d’immeubles anciens n’en sont pas équipés, un 4ᵉ étage sans ascenseur mettra en moyenne 10 à 20 jours de plus à trouver preneur qu’un 3ᵉ étage ou qu’un bien équivalent avec ascenseur. Les candidats locataires, même jeunes, arbitrent de plus en plus en faveur du confort d’accès, surtout lorsqu’ils se projettent sur une durée d’occupation de plusieurs années.
À La Défense et dans les quartiers d’affaires, la donne est différente : la quasi-totalité des immeubles de grande hauteur disposent d’ascenseurs performants, parfois multiples. Ici, l’ascenseur ne constitue plus un avantage concurrentiel mais un prérequis implicite. En revanche, la qualité, la rapidité et la fiabilité des installations peuvent influer sur la perception globale de standing d’un immeuble, et donc sur le niveau de loyers acceptés par des cadres ou des entreprises exigeants. Pour un investisseur, cela signifie qu’un manque d’ascenseur pénalise fortement dans l’ancien en centre historique, alors qu’il est quasiment impensable dans le tertiaire moderne.
Profil des locataires ciblés : familles, seniors et personnes à mobilité réduite
L’ascenseur élargit considérablement le spectre de locataires potentiels, en particulier pour les appartements familiaux situés aux étages élevés. Sans ascenseur, un 4ᵉ ou 5ᵉ étage se destine principalement à des actifs jeunes, sportifs, prêts à accepter l’effort quotidien en échange d’un loyer un peu plus doux. Avec ascenseur, le même bien devient accessible aux familles avec poussette, aux seniors, aux personnes à mobilité réduite ou en convalescence, ce qui augmente mécaniquement la demande potentielle et réduit le risque de vacance.
Cette dimension est d’autant plus importante que la population française vieillit et que la recherche de logements adaptés se renforce. Vous souhaitez sécuriser votre investissement sur 15 ou 20 ans ? Cibler un appartement avec ascenseur, facilement accessible, permet de suivre l’évolution des besoins des locataires, plutôt que de vous retrouver avec un bien qui ne convient qu’à une tranche d’âge très limitée. C’est un peu l’équivalent, en immobilier, d’opter pour un véhicule hybride plutôt que pour une motorisation très spécifique : vous gardez une flexibilité maximale.
Rendement locatif comparé sur les plateformes SeLoger et bien’ici
Les annonces publiées sur SeLoger ou Bien’ici montrent clairement une prime de loyer pour les appartements en étage élevé avec ascenseur, mais aussi une meilleure liquidité. À caractéristiques équivalentes (surface, quartier, état général), un 5ᵉ étage avec ascenseur peut se louer 5 à 10% plus cher qu’un 2ᵉ sans ascenseur. Cependant, dans certains cas, l’investisseur qui achète un bien au 4ᵉ sans ascenseur avec une décote de 15% par rapport au marché peut obtenir un rendement brut comparable, voire supérieur, malgré un loyer légèrement inférieur.
La clé réside alors dans la maîtrise du taux de vacance locative. Un appartement moins cher à l’achat mais plus difficile à louer peut voir son rendement réel s’éroder si chaque changement de locataire génère plusieurs semaines de vacance. À l’inverse, un bien avec ascenseur, loué un peu plus cher et plus rapidement, offrira un flux de revenus plus stable. Avant de trancher, il est donc judicieux de simuler plusieurs scénarios (vacance de 2, 4 ou 6 semaines par an) et de comparer le rendement net, charges comprises, plutôt que de vous focaliser uniquement sur le rendement brut théorique.
Stratégies d’estimation par les professionnels de la transaction immobilière
Face à ces multiples paramètres, comment les professionnels estiment-ils concrètement la valeur d’un appartement avec ou sans ascenseur ? La plupart des agents immobiliers, experts judiciaires ou notaires adoptent une approche par étapes : ils partent d’une valeur moyenne au m² du quartier, puis appliquent une série de correctifs liés à l’étage, à la présence de l’ascenseur, à l’état du bien, à la luminosité, aux extérieurs (balcon, terrasse) et aux annexes (parking, cave). L’ascenseur intervient ainsi comme l’un des leviers majeurs de pondération, au même titre que l’étage et l’état général.
Dans la pratique, beaucoup utilisent une méthode dite « par appartement témoin » : on choisit un bien de référence dans le même immeuble ou dans la même rue (par exemple un 2ᵉ étage avec ascenseur), puis l’on applique des pourcentages de majoration ou de décote. Un dernier étage avec ascenseur peut ainsi recevoir une majoration de 10 à 20%, tandis qu’un rez-de-chaussée sans lumière directe subit une décote de 15 à 30%. Les bases de données transactionnelles (notaires, MeilleursAgents, Casavo) permettent de calibrer ces coefficients à partir de ventes réelles, ce qui évite de surestimer la valeur d’un étage élevé sans ascenseur ou de sous-estimer le potentiel d’un 1ᵉʳ étage avec une belle terrasse.
Les professionnels intègrent également une dimension temporelle : l’ascenseur a un impact sur le temps de commercialisation. Un appartement familial au 4ᵉ sans ascenseur, même bien estimé, peut mettre plus de temps à se vendre, ce qui justifie parfois une légère décote supplémentaire pour accélérer la transaction. À l’inverse, un appartement lumineux au 5ᵉ avec ascenseur, balcon et bonne rénovation peut être positionné légèrement au-dessus des dernières ventes, en anticipant une forte demande. Pour optimiser votre stratégie, n’hésitez pas à solliciter plusieurs estimations et à questionner explicitement les agents sur la pondération appliquée à l’ascenseur et à l’étage.
Perspectives de revente et négociation selon la typologie d’acquéreurs
L’ascenseur influence aussi les scénarios de revente et les marges de négociation possibles selon le profil des acheteurs. Un même appartement au 4ᵉ sans ascenseur ne sera pas perçu de la même façon par un jeune investisseur, une famille avec enfants ou un couple de seniors. Comprendre ces attentes différenciées vous permet d’anticiper le futur pouvoir de négociation de vos acquéreurs… ou d’en tirer parti aujourd’hui si vous êtes à l’achat.
Les familles et les acquéreurs occupant principaux accordent une importance majeure au confort d’accès, surtout lorsqu’ils se projettent à long terme. Pour eux, l’absence d’ascenseur au-delà du 3ᵉ étage devient vite un motif de renoncement ou, au minimum, un argument pour demander une forte réduction de prix. Les seniors et les personnes à mobilité réduite, de plus en plus présents sur le marché, sont encore plus sensibles à ce critère : il n’est pas rare qu’un appartement parfaitement situé mais sans ascenseur soit écarté d’office. En revanche, les jeunes actifs primo-accédants ou les investisseurs locatifs acceptent plus volontiers ce compromis, particulièrement si la décote est significative.
En matière de négociation, l’ascenseur peut ainsi devenir soit un atout non négociable, soit un levier de rabais. Si vous vendez un 5ᵉ étage avec ascenseur, vue dégagée et balcon dans un quartier recherché, vous êtes en position de force : les acquéreurs savent que ce type de bien est rare et qu’il se revendira facilement. Vous pouvez donc limiter les concessions sur le prix. À l’inverse, si vous vendez un 4ᵉ sans ascenseur familial, il est judicieux d’anticiper les objections (effort physique, déménagements compliqués, vieillissement futur) et de positionner dès le départ votre prix avec une marge de négociation raisonnable, plutôt que de bloquer la vente pendant des mois.
Enfin, projeter la revente à 10 ou 15 ans est essentiel. Le vieillissement de la population, le renforcement des normes d’accessibilité et la montée en gamme des attentes laissent penser que l’ascenseur restera un critère de plus en plus discriminant. Investir dans un appartement avec ascenseur, bien situé et bien exposé, revient à se constituer un patrimoine plus liquide et plus facilement transmissible. À l’inverse, acheter un étage élevé sans ascenseur doit se faire avec lucidité : la décote à l’achat est réelle, mais il faudra accepter de retrouver cette décote, voire de la voir s’amplifier, au moment de la revente si le marché devient plus exigeant.