Face aux annonces immobilières, les sigles studio, T1 et F1 se ressemblent, mais ne correspondent pas aux mêmes usages au quotidien. Pour un locataire, quelques mètres carrés mal agencés peuvent transformer la vie de tous les jours en casse-tête. Pour un investisseur, une mauvaise typologie peut grignoter la rentabilité ou compliquer la revente. Comprendre précisément les différences structurelles, réglementaires et financières entre ces petites surfaces permet de mieux aligner votre choix de logement ou de placement avec votre mode de vie, votre budget et vos objectifs patrimoniaux. Que vous prépariez un premier achat, une location étudiante ou un investissement locatif, chaque détail de configuration compte réellement.

Définitions techniques : différences structurelles entre studio, T1 et F1 dans l’immobilier français

Studio : pièce unique, coin nuit et kitchenette dans le même volume habitable

Un studio est un logement constitué d’une seule pièce principale qui regroupe salon, coin nuit et espace repas, avec la cuisine intégrée à cette pièce. Concrètement, la kitchenette se trouve dans le même volume que le lit et l’espace de vie, généralement sous forme de bloc compact avec évier, plaques de cuisson et rangements. La salle d’eau (avec WC ou non) reste une pièce séparée, ce qui distingue le studio d’une simple chambre. Pour qu’il soit louable, la pièce principale doit offrir au minimum 9 m² de surface habitable et 2,20 m de hauteur sous plafond, conformément au décret sur le logement décent.

Dans la pratique, la surface d’un studio varie souvent entre 15 et 25 m². Cette typologie se retrouve massivement dans les centres-villes denses et à proximité des campus, car elle permet un loyer d’entrée de gamme tout en restant autonome. La contrepartie est l’absence de vraie séparation entre cuisine et couchage : si vous cuisinez beaucoup, les odeurs, le bruit de la hotte et le désordre de la vaisselle restent constamment dans le champ visuel.

T1 : séparation nette séjour/cuisine, pièce de vie unique, cuisine indépendante ou semi-ouverte

Le T1 (ou Type 1) désigne un appartement avec une seule pièce principale, mais où la cuisine est séparée de l’espace de vie. La configuration la plus classique : un séjour-chambre, une cuisine indépendante (ou semi-ouverte mais clairement délimitée) et une salle d’eau. La cuisine n’est pas comptée comme une pièce principale dans cette nomenclature. Sur un T1, la surface totale dépasse souvent celle d’un studio comparable, avec une moyenne autour de 20–30 m² dans les grandes villes.

Cette séparation cuisine/séjour change énormément le confort d’usage. Vous pouvez laisser une casserole à tremper sans la voir depuis le lit, ou cuisiner un plat odorant sans imprégner les draps. Pour un bailleur, ce simple cloisonnement permet souvent de louer 10 à 15 % plus cher qu’un studio de surface équivalente dans un même quartier, car la perception de confort est nettement supérieure pour le locataire.

F1 : terminologie « fonction » versus « type » et équivalences selon les zones géographiques

Le F1 (pour « fonction 1 ») est, dans la grande majorité des cas, strictement équivalent à un T1. Historiquement, certaines régions et certaines périodes utilisaient davantage la terminologie F alors que d’autres privilégiaient le T. Sur le plan juridique comme sur le plan technique, un F1 correspond donc à une pièce principale, une cuisine séparée et une salle d’eau, sans chambre distincte.

Sur les annonces, la coexistence des termes peut prêter à confusion, mais il s’agit surtout d’une question d’habitude locale ou d’outil de diffusion. L’élément critique à vérifier reste toujours le plan : nombre de pièces principales, position de la cuisine, présence ou non d’un véritable coin nuit. Certains agents parlent encore de F1 pour des biens anciens et de T1 pour du neuf, sans différence de fond sur la typologie.

Cas particuliers : studette, chambre de service, T1 bis, mezzanine et combles aménagés

Au-delà des catégories studio/T1/F1, le marché regorge de cas particuliers importants à comprendre avant de signer. La studette désigne en général un très petit studio, souvent inférieur à 15 m², parfois avec les WC sur le palier. La chambre de service, située sous les toits ou en entresol, peut ne pas respecter les critères de décence (surface, hauteur, éclairage naturel) et ne pas être légalement louable comme résidence principale.

Le T1 bis ajoute une subtilité : il s’agit d’un T1 qui dispose d’un espace supplémentaire non fermé, par exemple une mezzanine ou une alcôve servant de coin nuit. Cet espace ne fait pas forcément 9 m² mais permet de dégager la partie jour. Les studios sous combles, avec poutres apparentes et zones mansardées, nécessitent de distinguer la surface au sol de la surface habitable, ce qui a un impact direct sur le confort et la valeur réelle du bien.

Surface, agencement et conformité : analyser le plan d’un studio, T1 ou F1 avant achat ou location

Surface habitable loi carrez, hauteur sous plafond et calcul des m² utiles

Pour évaluer un studio ou un T1, la première étape consiste à distinguer surface habitable, surface loi Carrez et m² « utiles ». La loi Carrez exclut les parties dont la hauteur sous plafond est inférieure à 1,80 m, ce qui concerne particulièrement les combles et mezzanines. Un appartement annoncé à 25 m² au sol peut n’offrir que 20 m² Carrez réellement confortables au quotidien. La réglementation impose au moins 9 m² et 2,20 m de hauteur pour la pièce principale d’un logement décent.

Il est utile de raisonner en « surface utile » : largeur permettant de placer un vrai lit de 140 cm, recul suffisant pour un canapé, profondeur de la cuisine. Dans les petites surfaces, 1 m² en plus de dégagement ou de rangement peut avoir plus de valeur pratique qu’un simple agrandissement du séjour. Les diagnostics (DPE, électricité, gaz) doivent être examinés en même temps que le métrage, car un bien énergivore peut coûter plusieurs dizaines d’euros de plus par mois en charges de chauffage.

Optimisation du plan : linéaire de cuisine, rangement intégré, alcôve et cloisonnement léger

Sur un studio ou un F1, un bon plan d’aménagement fait la différence entre un logement agréable et un espace saturé. Un linéaire de cuisine de 2,40 à 3 mètres, même sur un seul mur, permet d’intégrer plaques, évier, plan de travail et rangements sans envahir la pièce. Les rangements intégrés (placards toute hauteur, niche d’entrée, dressing compact) évitent de multiplier les armoires encombrantes.

Beaucoup d’occupants créent un « faux T1 » dans un grand studio en installant une verrière légère, un claustra ou un rideau épais pour isoler le coin nuit sans toucher à la structure porteuse. Une alcôve bien pensée, même de 4 à 5 m², offre une véritable séparation psychologique. C’est un peu comme transformer un mono-espace en deux zones de confort sans changer la taille du véhicule : l’usage est radicalement différent à surface quasi identique.

Normes et réglementations : décence du logement, ventilation, éclairage naturel, diagnostics (DPE, électricité)

La réglementation française encadre strictement la décence des petites surfaces. Le logement doit disposer d’une arrivée d’eau potable, d’une évacuation des eaux usées, d’une installation électrique sûre et d’une pièce principale avec ouverture extérieure garantissant un éclairement naturel minimal. La ventilation (VMC ou aérations hautes/basses) est cruciale dans un studio ou un T1, car les activités de cuisine, de sommeil et parfois de travail se concentrent dans un volume restreint.

Les diagnostics obligatoires — DPE, électricité, gaz, plomb pour l’ancien — ne sont pas de simples formalités. Depuis 2025, les logements classés G sont progressivement exclus du marché locatif, et les étiquettes F suivront. Pour un investisseur, un studio en classe F ou G implique soit une décote à l’achat, soit un budget travaux (isolation, chauffage, menuiseries) pour rester dans les clous. Pour un locataire, un mauvais DPE peut se traduire par des factures d’énergie qui grimpent en flèche, surtout dans les villes au climat plus rigoureux.

Performance énergétique : étiquette DPE, isolation phonique, fenêtres double vitrage en ville dense

La performance énergétique d’un studio, T1 ou F1 ne se limite pas au chauffage. L’isolation phonique, souvent négligée, est déterminante pour le confort en environnement urbain dense. Une fenêtre simple vitrage sur boulevard peut ruiner la qualité de vie, même dans un appartement parfaitement rénové. Le double vitrage, associé à une bonne étanchéité et à des murs correctement isolés, réduit à la fois les nuisances sonores et les déperditions de chaleur.

Les statistiques récentes montrent qu’un studio bien classé (DPE A à C) se loue en moyenne quelques jours à quelques semaines plus vite qu’un logement similaire en D ou E, avec une vacance locative réduite. De plus, les villes comme Paris, Lyon ou Bordeaux durcissent progressivement leurs exigences de rénovation énergétique, ce qui renforce l’intérêt d’anticiper. Sur le long terme, un petit logement performant sur le plan thermique et acoustique se revend plus facilement et se négocie moins à la baisse.

Budget d’achat et de location : comparer le coût d’un studio, T1 et F1 à paris, lyon et bordeaux

Prix au m² en achat : disparités entre hypercentre, banlieue proche et villes moyennes

Le prix au m² d’un studio ou d’un T1 varie énormément selon la localité, mais aussi selon le quartier. Dans les hypercentres de grandes métropoles, les petites surfaces atteignent parfois un prix au m² supérieur aux grands appartements, car la demande locative y est très forte. À Paris, le prix médian d’un studio dépasse souvent 9 000 €/m² dans les arrondissements les plus recherchés, alors qu’un T1 un peu excentré peut se négocier 10 à 20 % moins cher au m².

À Lyon, les quartiers de Part-Dieu, Guillotière ou Presqu’île concentrent une forte demande étudiante et tertiaire, tirant les prix des studios vers le haut. À Bordeaux, les secteurs comme Bastide ou Chartrons montrent un écart notable entre un studio ancien à rénover et un F1 récent avec terrasse. Dans les villes moyennes, la différence de prix au m² entre studios et T1 est souvent moins marquée, mais les T1 bien placés gardent un avantage en matière de revente.

Loyer mensuel médian en location vide vs meublée à paris 11e, lyon Part-Dieu et bordeaux bastide

Pour la location, la typologie et le statut vide ou meublé influencent fortement le loyer. À Paris 11e, un studio meublé de 20 m² peut se louer autour de 850–950 € charges comprises, tandis qu’un T1 de 25 m² avec cuisine séparée atteint fréquemment 1 000–1 100 € en meublé. À Lyon Part-Dieu, les studios oscillent entre 550 et 700 €, contre 650 à 800 € pour un T1 meublé selon l’état et la proximité immédiate de la gare.

À Bordeaux Bastide, l’écart est parfois plus réduit : un studio récent bien optimisé se loue quasiment au même prix qu’un F1 plus ancien mais mal agencé. La location meublée permet, en moyenne, un surloyer de 10 à 20 % par rapport à la location nue, à typologie identique. Pour vous, locataire, la différence se joue sur la durée de séjour prévue et le coût de votre propre mobilier ; pour un propriétaire, la fiscalité LMNP en meublé peut compenser un prix d’achat un peu plus élevé.

Coût global : charges de copropriété, taxe foncière, taxe d’habitation sur les résidences secondaires

Comparer uniquement le prix d’achat ou le loyer ne suffit pas : le coût global d’un studio ou d’un T1 inclut les charges de copropriété, la taxe foncière et, le cas échéant, la taxe d’habitation sur les résidences secondaires. Les charges sont souvent plus élevées dans les résidences avec ascenseur, chauffage collectif ou gardien, ce qui impacte directement la rentabilité locative ou le reste à vivre du locataire.

Un studio dans une grande copropriété avec piscine et espaces verts peut afficher des charges mensuelles dépassant 4 ou 5 €/m², alors qu’un F1 dans un petit immeuble ancien sans ascenseur restera sous les 2 €/m². La taxe foncière a fortement augmenté ces dernières années dans plusieurs grandes villes, ce qui pèse davantage, en proportion, sur les petites surfaces. Pour un investisseur, une projection sur 5 à 10 ans doit intégrer ces paramètres pour éviter les mauvaises surprises de trésorerie.

Rentabilité locative brute et nette : cas pratique sur un studio à marseille et un T1 à lille

Pour illustrer la différence de rentabilité entre typologies, imaginez un studio meublé à Marseille acheté 110 000 € (frais inclus) et loué 580 € charges comprises, dont 40 € de provisions. La rentabilité brute se calcule ainsi : 540 € x 12 / 110 000 ≈ 5,9 %. Après déduction des charges non récupérables, taxe foncière, assurance et éventuelle gestion, la rentabilité nette tourne plutôt autour de 4,3 à 4,5 %.

À Lille, un T1 acheté 140 000 € et loué 700 € CC (dont 60 € de charges) présente une rentabilité brute similaire : 640 € x 12 / 140 000 ≈ 5,5 %. La vacance locative est cependant souvent un peu plus faible sur les T1 bien situés, car ils intéressent à la fois étudiants, jeunes actifs et parfois couples sans enfant. Sur 10 ans, un T1 légèrement moins rentable en brut mais plus liquide à la revente peut au final constituer un meilleur compromis.

Simulation de financement : apport, taux d’intérêt, mensualité de prêt pour primo-accédants

Pour un primo-accédant, la capacité d’emprunt détermine souvent le choix entre studio et F1. Avec un apport de 10 % et un taux autour de 3,5 % sur 25 ans, un budget de 150 000 € correspond à une mensualité proche de 750–800 € (hors charges et assurance). Sur ce budget, dans une ville comme Nantes, il est possible de viser un studio très bien placé ou un F1 légèrement excentré mais plus spacieux.

Une règle pragmatique consiste à comparer la mensualité (crédit + charges de copropriété) au loyer de marché pour un bien similaire. Si la mensualité nette reste proche ou légèrement supérieure au loyer, l’achat se justifie d’autant mieux que la perspective de revente est bonne. Dans certains cas, un T1 plus cher mais mieux valorisable à long terme peut être préférable à un studio en copropriété lourde, même si l’effort mensuel initial est plus élevé.

Profil d’occupant et usages : choisir entre studio, T1 et F1 selon situation personnelle

Étudiants et jeunes actifs : proximité universités (sorbonne, lyon 2), transports et coworking

Pour un étudiant à la Sorbonne ou à Lyon 2, le critère n°1 reste souvent la localisation : distance à pied ou en vélo de la fac, lignes de métro, environnement de quartier. Un studio bien placé, même petit, peut offrir plus de valeur d’usage qu’un F1 éloigné nécessitant 45 minutes de transports. Les résidences étudiantes et les petites copropriétés proches des campus affichent généralement des taux d’occupation supérieurs à 95 %.

Les jeunes actifs en début de carrière, surtout dans les secteurs numériques ou tertiaires, combinent souvent bureau, télétravail partiel et vie sociale en ville. Un T1 avec coin bureau permet de mieux séparer les activités professionnelles et personnelles, mais un studio optimisé proche d’un espace de coworking peut aussi constituer un excellent compromis. La clé consiste à anticiper votre rythme de vie réel : soirées chez des amis, horaires décalés, besoin de calme pour réviser ou travailler.

Couples sans enfant : intérêt d’un T1/F1 plus spacieux vs studio optimisé en centre-ville

Pour un couple sans enfant, vivre à deux dans un studio de 18 m² impose une discipline d’organisation quasi militaire. Partager le même volume pour dormir, travailler, vivre et recevoir devient vite pesant. Un T1 ou F1 de 25–30 m², avec cuisine séparée et coin nuit optimisable, offre une qualité de vie bien supérieure, même si l’adresse est un peu moins centrale.

Dans les hypercentres, certains couples acceptent un studio très bien placé en échange d’une vie plus « minimaliste », souvent temporaire (2 à 3 ans). Toutefois, dès que se profilent des projets de long terme ou du télétravail, un T1 bien agencé prend l’avantage. C’est un peu comme la différence entre un hôtel design mais exigu et un petit appartement avec pièce de vie clairement définie : à court terme, le charme agit ; à moyen terme, le confort structurel l’emporte.

Professionnels en mobilité : location meublée de courte et moyenne durée (lyon Part-Dieu, la défense)

Les professionnels en mobilité (missions de quelques mois, formations, consulting) recherchent surtout une solution clé en main : logement meublé, connexion internet fiable, proximité des gares et pôles d’affaires comme Lyon Part-Dieu ou La Défense. Pour ce public, un studio bien équipé peut suffire, mais un T1 meublé avec espace de travail dédié procure souvent un meilleur équilibre entre vie pro et perso.

Les entreprises ou agences de relocation privilégient d’ailleurs les biens meublés standardisés, avec literie de qualité, rangements suffisants et cuisine fonctionnelle. Un F1 un peu plus grand, mais situé à 10 minutes supplémentaire en transport, sera parfois préféré à un studio exigu à côté des tours de bureaux, car il permet d’héberger son conjoint ponctuellement ou de travailler confortablement le soir.

Investisseur bail classique vs bail mobilité, colocation et location saisonnière type airbnb

Pour un investisseur, la typologie choisie conditionne fortement la stratégie locative possible. Un studio ou un T1/F1 se prête bien au bail classique vide ou meublé, mais aussi au bail mobilité (1 à 10 mois) pour les étudiants, stagiaires et personnes en formation. La colocation est plus rare sur ces surfaces, sauf division très optimisée, mais la location saisonnière type Airbnb est fréquente dans les centres touristiques.

Les studios bénéficient généralement d’une rotation des locataires plus rapide, avec des séjours de 1 à 3 ans, ce qui augmente les frais de remise en état mais réduit le risque d’impayés de longue durée. Les T1 et F1, un peu plus chers, attirent un public plus stable (jeunes actifs, couples) et permettent parfois des baux plus longs. Le choix dépend aussi de votre appétence à gérer les entrées/sorties fréquentes et la réglementation locale sur la location saisonnière.

Choix stratégique pour l’investissement locatif : arbitrer entre studio, T1 et F1

Analyse de la demande locative : données de marchés SeLoger, leboncoin, PAP et INSEE

Avant d’acheter un studio ou un T1 pour le louer, l’analyse de la demande réelle est indispensable. Les portails comme SeLoger, Leboncoin ou PAP montrent régulièrement que les recherches pour les petites surfaces représentent une part très importante des contacts, notamment dans les villes étudiantes et les bassins d’emploi dynamiques. L’INSEE recense plus de 1,6 million de studios et T1 en France, reflet de ce poids dans le parc locatif.

Un indicateur pratique consiste à observer le délai de parution des annonces : si la majorité des studios dans un quartier se louent en moins de 15 jours, la demande est forte. En revanche, si les T1 restent plus de 30 jours en ligne, une décote ou une valorisation (travaux, ameublement) peut être nécessaire. L’équilibre entre stock et flux de locataires étudiants, jeunes actifs et saisonniers oriente directement le choix de typologie.

Vacance locative, rotation des locataires et risques d’impayés selon la typologie

La vacance locative est souvent plus faible sur les studios en hypercentre ou près des universités, car ils se relouent vite à chaque fin de bail. Cependant, la rotation des locataires implique plus d’état des lieux, de petites réparations et de temps de gestion. Les T1/F1 attirent fréquemment des profils avec des revenus plus stables, ce qui peut réduire le risque d’impayés ou de dégradations importantes.

Statistiquement, les impayés sont davantage corrélés à la fragilité économique du locataire qu’à la surface du logement. Toutefois, en ciblant des T1 avec loyers un peu supérieurs à la moyenne des studios, nombre de bailleurs constatent une meilleure stabilité sur 3 à 5 ans. Une stratégie prudente consiste à panacher son parc locatif entre quelques studios très liquides et des T1 plus « patrimoniaux ».

Fiscalité : micro-foncier, micro-BIC, LMNP, amortissement et régime réel

La fiscalité constitue un autre levier stratégique. En location nue, les revenus entrent dans la catégorie des revenus fonciers et peuvent bénéficier du régime micro-foncier (abattement forfaitaire de 30 %) si les loyers restent sous 15 000 € annuels. En location meublée, les loyers sont imposés dans la catégorie des BIC, avec possibilité d’opter pour le régime micro-BIC (abattement de 50 % voire 71 % dans certains cas) ou le régime réel.

Le statut LMNP (Loueur en Meublé Non Professionnel) permet, au régime réel, d’amortir le bien, le mobilier et certains travaux, réduisant fortement l’imposition sur plusieurs années. Pour un studio ou un T1 meublé, cette optimisation est souvent déterminante pour atteindre une rentabilité nette attractive. Le choix entre nu et meublé doit donc se faire en tenant compte à la fois du marché local, de votre tranche d’imposition et de votre capacité à gérer ou déléguer l’ameublement.

La combinaison d’un bon emplacement, d’une typologie adaptée au marché et d’une fiscalité optimisée représente le cœur de la performance d’un investissement en studio ou T1.

Stratégies de valorisation : rénovation énergétique, ameublement premium, home staging

Sur les petites surfaces, chaque détail d’aménagement influe sur le loyer et le délai de location. Une rénovation énergétique ciblée (remplacement des fenêtres, isolation d’un mur pignon, changement des radiateurs) peut faire gagner une ou deux classes de DPE, ce qui rassure fortement les locataires et valorise le bien à la revente. Un ameublement premium mais sobre — literie de qualité, rangements intégrés, cuisine bien équipée — justifie facilement 50 à 100 € de loyer supplémentaire sur un studio ou un F1 bien situés.

Le home staging, même sur 20 m², a un impact immédiat sur les visites : murs clairs, éclairage renforcé, dégagement des espaces de circulation. C’est un peu comme présenter une chambre d’hôtel : en quelques secondes, le visiteur doit pouvoir visualiser où il dormira, où il mangera et où il travaillera. Dans les marchés tendus, un studio parfaitement présenté se démarque et limite la négociation à la baisse.

Étude de cas concrets : scénarios de choix entre studio, T1 et F1 selon budget et objectifs

Budget 600 € de loyer à toulouse : arbitrage entre studio centre capitole et T1 en périphérie

Avec un budget de 600 € charges comprises à Toulouse, l’alternative typique se situe entre un studio meublé de 20 m² près du Capitole et un T1 de 28 m² en périphérie (Rangueil, Borderouge). Le studio hypercentre offre un accès immédiat aux commerces, bars, métro et animations, idéal si vous vivez surtout dehors et utilisez peu votre logement en journée. La contrepartie : un espace très compact, parfois bruyant, et un loyer au m² élevé.

Le T1 en périphérie, pour un loyer équivalent, propose souvent un balcon, une place de parking et une meilleure luminosité. Pour un étudiant à l’université Paul-Sabatier ou un jeune actif motorisé, ce choix améliore la qualité du quotidien. Pour un mode de vie très urbain et sans voiture, le studio du centre reste pourtant extrêmement pertinent, surtout si vous prévoyez d’y rester 1 à 2 ans.

Primo-investisseur avec 150 000 € à nantes : comparaison rendement studio vs F1 à rénover

Un primo-investisseur disposant de 150 000 € à Nantes peut hésiter entre un studio récent déjà loué dans l’hypercentre et un F1 plus ancien à rénover dans un quartier en mutation (par exemple autour de l’Île de Nantes). Le studio prêt à louer affiche une rentabilité brute immédiate correcte, avec peu de travaux à prévoir et une gestion simplifiée. Cependant, le potentiel de plus-value reste limité si le marché est déjà très tendu.

Le F1 à rénover exige un budget supplémentaire de 15 000 à 25 000 € pour remise aux normes et modernisation, mais peut ensuite se repositionner comme T1 meublé de standing. La rentabilité peut alors dépasser celle du studio, notamment en meublé LMNP au réel. Ce type de stratégie « acheter à rénover » suppose d’accepter quelques mois de vacance initiale et un pilotage rigoureux du chantier, mais ouvre souvent une meilleure revalorisation à 10 ans.

Sur les petites surfaces, la valeur créée par un bon projet de rénovation peut peser autant, voire plus, que la négociation du prix d’achat initial.

Télétravail 3 jours par semaine : pertinence d’un T1/F1 avec espace bureau dédié

Si vous travaillez à domicile 3 jours par semaine, un studio classique devient rapidement étouffant. Installer un bureau au pied du lit et prendre tous les repas à côté de l’ordinateur brouille les frontières entre temps de travail et temps de repos. Un T1 ou F1 de 25–30 m² permet souvent d’intégrer un vrai coin bureau dans le séjour, voire dans une alcôve séparée, tout en gardant la chambre/espace nuit relativement distinct.

L’impact psychologique est important : fermer l’ordinateur dans une zone dédiée à la fin de la journée facilite la coupure mentale. Dans ce contexte, accepter de s’éloigner légèrement du centre-ville pour gagner 5 ou 6 m² utiles peut améliorer sensiblement la qualité de vie. Pour un investisseur ciblant les télétravailleurs, prévoir un espace de travail ergonomique dans l’aménagement devient d’ailleurs un argument de location fort.

Perspective de revente à 5–10 ans : liquidité du studio vs valorisation d’un F1 bien placé

À horizon 5–10 ans, la stratégie de sortie doit être anticipée dès l’achat. Les studios bénéficient généralement d’une excellente liquidité, car ils intéressent à la fois investisseurs débutants, parents d’étudiants et célibataires. En revanche, leur valeur peut stagner plus vite si le quartier a déjà atteint un palier de prix élevé, ou si le DPE impose à terme des travaux lourds.

Un F1 bien placé, avec une distribution claire et une cuisine séparée, séduit un spectre plus large d’acquéreurs : résidence principale pour un primo-accédant, investissement locatif plus confortable, pied-à-terre pour un couple. De nombreuses études de marché montrent que, sur certains secteurs, les F1 voient leur prix progresser légèrement plus vite que les studios, car ils offrent davantage de flexibilité d’usage. Pour un projet patrimonial, cette polyvalence constitue un atout majeur, surtout dans les quartiers en cours de requalification où les attentes des futurs occupants montent en gamme.